A 10 km de Tamatave, le Parc Ivoloina met en œuvre la réintroduction de 28 espèces différentes de lémuriens. Grâce à la semi-captivité, la réintroduction est une stratégie de la biologie de conservation de ces espèces menacées.

Le Parc Ivoloina est un parc de 4 hectares implanté sur une zone forestière de conservation de 282 hectares. Il abrite 12 espèces de lémuriens et en particulier le Varecia noir et blanc. Ce lémurien d’environ 4 kilos à sa taille adulte, reconnaissable grâce à son collier de barbe blanche est en danger critique d’extinction. Le professeur Jonah Ratsimbazafy a fait sa thèse dessus : « Le lémurien que nous voyons ici, c’est le lémurien vari noir blanc, dont le nom scientifique est Varecia variegata. Dans les hôtels par exemple, les gens préfèrent les garder en captivité. Mais ce n’est pas une bonne idée parce qu’il faut qu’ils vivent dans leur habitat naturel. Une fois en captivité, ils ne peuvent plus choisir leur nourriture, ils ne peuvent plus choisir avec qui ils veulent vivre… Donc cela va vraiment accroître la menace qui pèse sur eux. »

On compte environ 28 000 Varecia en captivité. Victime du braconnage, le primate est très prisé comme animal domestique. Au parc d’Ivoloina, on essaie donc de reconstituer sa population décimée en lui offrant des conditions semblables à son état naturel pour qu’il puisse se reproduire.

« Ils donnent des bébés et ils jouent, poursuit le professeur Jonah Ratsimbazafy. Ce sont des signes de joie. Les animaux stressés, les animaux qui ont faim, les animaux malades ne jouent pas. Quand on voit des animaux faisant des va-et-vient, cela est un signe de stress. »

Au parc, vous pouvez le vary noir et blanc voir évoluer en semi captivité, ainsi que les 11 autres espèces vivant dans le parc : Lemur Bambou, lémurien noir aux yeux bleus ainsi que le fameux lémurien nocturne « Aye Aye ».

A terme, le but est que ces lémuriens puissent spontanément recoloniser la forêt d’où ils ont été chassés.

Pour visiter le parc, vous pouvez faire le circuit en direction de l’Est de Madagascar : Sainte Marie

Source : Rfi du 17/12/17